Proposé par l’économiste Gabriel Zucman, discuté puis rejeté à l’Assemblée nationale
en octobre 2025 : un prélèvement annuel d’au moins 2 % sur les patrimoines dépassant
100 millions d’euros. Ces débats parlent beaucoup de « ceux qui paient ». Voici où
vous vous situez.
Votre patrimoine
Tout ce que vous possédez, moins ce que vous devez : logement, épargne, voiture,
placements, moins le capital restant dû de vos crédits. Rien n’est envoyé nulle part.
€
Le curseur s’arrête à deux millions d’euros - au-delà, il ne servirait plus à
personne. La case accepte n’importe quel montant : tapez 100 000 000 pour voir ce
que la page répond.
Seriez-vous concerné ?
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L’échelle dont on parle
Cent millions d’euros est un nombre qu’on lit sans le voir. Voici deux façons de le
rendre visible.
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Qui paierait
Foyers concernés≈ 1 800
Part des contribuables0,01 %
Taux plancher2 %
Seuil de déclenchement100 M€
Un plancher, et non un impôt de plus : ceux qui acquittent déjà 2 %
de leur patrimoine en impôts ne verseraient rien au titre de cette mesure. Elle ne
vise que les patrimoines dont l’imposition effective tombe en dessous de ce seuil -
situation que l’Institut des politiques publiques a documentée au sommet de la
distribution, où le taux d’imposition réel redescend au lieu de continuer à monter.
Ce que cela rapporterait
Les estimations publiées vont de 5 à 25 milliards d’euros par an. L’écart ne porte pas
sur l’arithmétique, mais sur les hypothèses : combien de contribuables réorganiseraient
leur patrimoine, combien partiraient. Nous affichons les deux bouts de la fourchette,
parce qu’annoncer le seul chiffre haut serait exactement le reproche qu’on nous ferait.
Ce qu’en a fait l’Assemblée
En octobre 2025, lors de l’examen du budget pour 2026, la mesure a été
rejetée par 231 voix contre 168. Une version allégée, proposée par les
députés socialistes, a été rejetée à son tour par 228 voix contre 171.
Une soixantaine de voix séparaient les deux camps, sur une mesure qui concerne
1 800 foyers. C’est un ordre de grandeur utile à garder en tête quand on entend dire
qu’une élection ne change rien.
L’objection, et ce qu’on peut en dire
« Ils partiront. » C’est l’argument central des opposants, et il n’est
pas absurde : un patrimoine financier se déplace plus facilement qu’une usine. Les
partisans de la mesure répondent qu’elle vise la résidence fiscale et prévoit un
dispositif de sortie, et que l’expérience de l’impôt de solidarité sur la fortune
montre des départs réels mais très inférieurs aux prévisions avancées à l’époque.
Le désaccord est réel et il est honnête de le dire. Il porte sur l’ampleur des
départs, pas sur le constat de départ : au sommet de la distribution, le taux
d’imposition effectif cesse de progresser.