Carnet illustré
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Mon premier jour aux Amfis
· Raïssa
Pour ses premiers Amfis, Raïssa raconte une journée de militantisme entre navettes, foule, transports et sieste involontaire.
Et si, et si…
Je vous racontais les Amfis 2026. Mon premier.
Quatre jours, dont trois sur place pour moi.
Mon Dieu, quelle immensité ! Peu de temps avant, R. m’avait proposé de devenir coordinatrice du Groupe d’action de la France Insoumise de Dijon Centre-Ville.
En étais-je capable ? Légitime ? Mais surtout, au vu de l’enjeu de l’année 2026-2027, étais-je prête à assumer du militantisme et des responsabilités en pleine campagne présidentielle ?
Les Amfis répondront peut-être à ces questionnements…
Première épreuve : atteindre les Amfis
J’arrive le premier jour pour accéder aux navettes (après avoir fait du stop le matin au départ de mon camping à plus de 20 bornes de Valence). Près de deux heures d’attente pour accéder au lieu. Un soleil ardent me cueille et heureusement V. devient instantanément mon pair-aidant pour la journée. Une autiste TDAH dans la foule, c’est ambitieux. Il est bavard, mais moi aussi, alors ça va.
R., qui est bénévole aux Amfis nous attend à la sortie de la réglementaire fouille au corps.
Mais quel monde !
On se balade, mais quel monde ! Et le pire reste à venir, nous ne sommes que vendredi.
Partout où porte mon regard, des personnes marchent d’un air affairé, un petit groupe discute, tandis que d’autres, s’arrêtent et regardent autour d’elles pour prendre leurs repères, car c’est immense !
V. veut manger. Évidemment, il est bientôt midi. Tandis qu’il fait la queue, une foule se forme près d’une estrade et je réalise que c’est l’heure de l’allocution d’Antoine Léaument le Youtubeur en chef et député d’Essonne. Je m’approche pour l’écouter, avec des boules Quiès parce que la prévention de l’ouïe, aux Amfis, il y a encore du travail à faire sur cette thématique.
Il parle, bien et fort, se rit de la médiocrité des membres élus du RN (et ma foi, il a raison), et me donne envie d’aller rapidement écouter les prochaines interventions. Tout le monde est joyeux et les « on va gagner » sont puissants, enjoués, sans l’ombre de la peur. Ils sont suivis systématiquement d’un «Siamo tutti antifascisti», tout aussi exaltant.
Peut-on vraiment sortir de la voiture ?
Il est 13 h 30 et je décide d’aller écouter une intervention sur le transport et la transition énergétique. Les tours de parole entre intervenants sont bien respectés. Sont présents : Aurélien Bigo, chercheur sur la bifurcation énergétique des transports, Sylvie Landriève, directrice du Forum des Vies Mobiles, Karima Delli, ancienne présidente de la commission des Transports du Parlement européen et Sylvain Carrière, député LFI.
J’ignorais qu’une personne sur deux inscrite sur France Travail avait déjà refusé un emploi ou une formation à cause de difficultés de mobilité. Parmi ces personnes, 28 % avaient même abandonné un emploi ou une formation en cours.
Il y a en France 10 millions de personnes précaires de la mobilité, c’est-à-dire non desservies par des transports publics, ou dont le coût d’un transport privé (par exemple : une voiture à la campagne) serait trop élevé.
Certains pays européens ont imaginé des solutions originales : par exemple, en Allemagne, un abonnement unique à 29 € par mois permet d’utiliser les bus, métros, tramways et trains régionaux dans tout le pays. Lorsque le service public propose une offre aussi large, sortir de la voiture devient réellement envisageable.
Une donnée historique m’a particulièrement amusée : en un siècle, malgré l’augmentation considérable de notre vitesse de déplacement, le temps moyen passé chaque jour dans les transports serait resté relativement stable, autour d’une heure. Nous ne gagnons donc pas vraiment du temps : nous parcourons surtout de plus grandes distances. C’est absurde et drôle à la fois.
Finalement, on ne parvient pas à régler les problèmes de trajet avec de la technologie et des solutions individuelles mais avec une organisation collective, qui s’appuie sur des faits scientifiques et des personnes compétentes dont l’intérêt collectif est la priorité.
Morphée entre en scène
Je pensais m’ennuyer et, en définitive, j’ai appris de nombreuses choses à cette conférence.
Bon, à la conférence suivante, Morphée a quand même fini par réclamer son dû. Après l’orage, la tente qui prenait l’eau et les quelques heures de sommeil, je pouvais difficilement lui en vouloir.
Et ce n’était que le premier jour…