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Lire, relire La Cause des femmes

· Remanere

C’est l’histoire d’un choix : Psychologie des foules de Le Bon ou La Cause des femmes de Gisèle Halimi.

The Thundershower — H. Lyman Saÿen (vers 1917-1918) Réalisée à la fin de la vie de l'artiste américain, cette œuvre mêle figures humaines et formes abstraites dans une composition traversée par le mouvement et la couleur. Deux silhouettes semblent évoluer dans un monde en pleine transformation. Entr

The Thundershower — H. Lyman Saÿen (vers 1917-1918)
Réalisée à la fin de la vie de l’artiste américain, cette œuvre mêle figures humaines et formes abstraites dans une composition traversée par le mouvement et la couleur. Deux silhouettes semblent évoluer dans un monde en pleine transformation. Entre tension et mouvement, elle évoque la possibilité de traverser les bouleversements et d’inventer de nouvelles manières de voir.
Crédit : H. Lyman Saÿen, The Thundershower, vers 1917-1918. Tempera sur bois. Smithsonian American Art Museum, don de H. Lyman Sayen à sa nation.

En tant qu’homme blanc, je me suis bien sûr intéressé à Psychologie des foules, le biais cognitif oblige. Mais nous sommes en octobre 2026, les lycées et les facs nous font un remake de 68, un bon remake, les syndicats ne savent plus où donner de la tête.

Comprendre les origines de notre manière de penser “la foule” me paraît alors le choix le plus stratégique. D’autant que les travaux de Le Bon ont longtemps influencé, et influencent encore, certaines conceptions du maintien de l’ordre en France.

Il est bon de rappeler que, pour ce dernier, la foule n’est qu’un ramassis de ce qui se fait de plus primitif et communiste. Dès la page 2, je referme ce livre. Restent dans ma pile of shame deux bouquins : La Cause des femmes de Gisèle Halimi et La Crise de la culture d’Hannah Arendt. Cette dernière, étant l’autrice de chevet de M. Trump, me tentera plus tard.

Ce livre me rappelle aussi La Vaillance des femmes de Camille Lacoste-Dujardin, notamment à travers les questions de l’Afrique du Nord, de l’émancipation et de ces femmes qui cherchent leur indépendance dans l’exil, vers un pays qu’elles imaginent proche, mais qui se révèle si lointain une fois arrivées.

C’est aussi un livre qui résonne avec les débats actuels autour des droits des travailleur·euse·s du sexe. J’y retrouve des arguments similaires à ceux mobilisés contre le droit à l’avortement : la protection des enfants, la morale, le refus de considérer le corps comme une marchandise. Des arguments qui risquent de faire oublier les réalités matérielles et économiques des premières personnes concernées.

Ce qui me frappe surtout, ce sont les inégalités très concrètes face à la loi. Comme pour l’avortement, les personnes qui disposent de ressources économiques peuvent trouver des solutions plus sûres, tandis que les plus précaires sont davantage exposées aux risques. Ce n’est pas seulement une question de droit, mais aussi de classe sociale.

Face à la loi, la situation est la même : celles que nous retrouvons devant les juges sont celles qui n’ont ni les contacts ni l’argent pour échapper à cette situation.

Ce livre m’a aussi montré comment, il y a 50 ans déjà, des personnes aux idées, aux caractères et parfois aux convictions différentes ont réussi à changer le cours de l’histoire en se rassemblant autour d’une volonté commune. Qu’il n’est pas nécessaire d’être d’accord sur tout pour faire front commun et obtenir des avancées collectives.

C’est un livre qui me redonne espoir dans cette époque morose.

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