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5 novembre : 10 000 dans les rues de Dijon, et toujours personne pour répondre
· Adam
Jeudi, à l'appel de sept syndicats, Dijon a connu sa plus grosse manifestation depuis la bataille des retraites. Des lycées dès le matin, un orchestre devant la mairie à 14 h, un cortège de plusieurs kilomètres en plein centre-ville. Récit d'une journée massive et calme, et de ce qu'elle nous dit pour la suite.
D’où ça vient
La colère a démarré début octobre dans les lycées, puis a gagné la fac et les syndicats. Trois samedis de suite, les 17, 24 et 31 octobre, on était dans la rue : rassemblements non déclarés, interdictions préfectorales, gaz lacrymogènes. Le 5 novembre change d’échelle : c’est un appel national de l’intersyndicale contre le budget 2027 et ses 43 milliards d’économies. En Côte-d’Or, sept organisations ont signé l’appel : CFDT, CGT, FO, UNSA, FSU, Solidaires et CFTC. On avait détaillé les raisons de la grève dans un précédent article.
Pour la première fois depuis le début du mouvement, la manifestation était déclarée. La préfecture a d’abord tiqué sur le parcours, qui traversait le cœur historique, avant de le valider la veille.
Le matin : les lycées d’abord
Avant les syndicats, il y a eu les lycéens. Une centaine devant Charles-de-Gaulle, un peu moins au Castel, une trentaine à Montchapet. Ce sont eux qui ont lancé le mouvement, et ils ne l’ont pas lâché.
La grève se voyait aussi ailleurs : chez Divia, à l’école élémentaire York, fermée toute la journée, et dans une trentaine d’accueils périscolaires fermés le matin comme le soir. À Montbard, un rassemblement était prévu à 15 h place Gambetta.
14 h, place de la Libération : un orchestre devant la mairie
Ça a commencé en musique. Une centaine de musiciens, professionnels, amateurs, élèves du conservatoire et choristes, ont formé un orchestre éphémère face à l’hôtel de ville, sous la direction d’Élise Chaillon. L’initiative, portée par l’appel de l’Orchestre du Nouveau Monde, voulait soutenir une jeunesse précarisée et alerter sur les coupes qui frappent la culture et le monde associatif.
Puis le cortège s’est ébranlé : rue de la Liberté, place Darcy, boulevards de Brosses et de la Trémouille, place de la République, boulevard Thiers, place du 30-Octobre, boulevard Carnot. La queue du cortège est arrivée place Wilson vers 16 h 20. Dedans, tout le monde : retraités, étudiants, salariés du privé et du public, lycéens, et des pancartes qui disaient la vie chère mieux que n’importe quel discours.
10 000 personnes selon l’intersyndicale, 6 000 selon la police. Les syndicats n’avaient pas vu autant de monde à Dijon depuis les retraites. Et la police elle-même le reconnaît : tout s’est déroulé dans le calme. Une assemblée générale s’est tenue place Wilson pour discuter des suites.
Et dans le reste du pays
Partout en France, environ 180 cortèges. 575 000 manifestants selon le ministère de l’Intérieur, dont 65 000 à Paris ; près de 1,6 million selon la CGT, dont 350 000 à Paris. Des tensions ont été signalées à Paris, Lyon, Rennes et Toulouse, et le ministère annonçait 448 interpellations à 18 h. Même la CFDT parle d’un succès.
Ce qu’on en retient
D’abord, le nombre. Le 17 octobre, on était un peu plus de 5 000. Le 5 novembre, presque le double. Le mouvement ne s’essouffle pas, il s’élargit.
Ensuite, le calme. Pendant trois samedis, on nous a expliqué que le problème, c’étaient les manifestants. Jeudi, avec un parcours accepté au cœur de la ville, il n’y a eu ni gaz ni charge. Ça devrait faire réfléchir celles et ceux qui ont préféré interdire. Mais on ne tombera pas dans le piège inverse : une manifestation déclarée n’est pas la seule légitime. Les lycéens qui ont lancé ce mouvement ne sont pas passés par la préfecture, et ils avaient raison d’être dans la rue.
Enfin, l’essentiel : en face, toujours rien. Pas un mot sur les salaires, pas une ligne du budget modifiée. 10 000 personnes à Dijon, plus d’un demi-million dans le pays au bas mot, et le gouvernement continue de faire comme si de rien n’était.
Et maintenant
Solidaires 21 appelle déjà à remettre ça samedi 7 novembre à Dijon. On y sera.
Sources
- EN DIRECT – Dijon : grève et manifestation ce jeudi 5 novembre, Dijon Actualités
- Manifestation du 5 novembre à Dijon : la préfecture valide finalement le parcours, Dijon Actualités
- Grève du 5 novembre : le cortège est arrivé place Wilson, 10 000 personnes selon les syndicats, ICI Bourgogne
- Manifestation du 5 novembre : à quoi s’attendre en Côte-d’Or et en Saône-et-Loire ?, ICI Bourgogne
- « Wanted : mon pouvoir d’achat » : des pancartes originales pour la manifestation du 5 novembre à Dijon, ICI Bourgogne
- Mobilisation du 5 novembre : 448 interpellations selon le ministère de l’Intérieur, franceinfo