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17 et 24 octobre : deux samedis dans la rue, et toujours pas de réponse

Partie des lycées, la mobilisation contre la vie chère a rassemblé des milliers de Dijonnais deux samedis de suite. Le premier s’est fini dans les gaz. Au second, la préfecture a interdit le centre-ville, et les gens sont venus quand même.

Deux samedis de suite, des milliers de personnes ont manifesté dans Dijon. On n’avait pas vu ça depuis longtemps. Et tout est parti d’un endroit que personne n’attendait : les lycées.

D’où ça vient

Le 1er octobre, des élèves bloquent le Castel et Hippolyte-Fontaine. Le mouvement gagne l’université, puis les syndicats. Ce qui est réclamé tient en peu de mots : pouvoir vivre de son salaire, se loger, étudier dans des conditions dignes. Hausse et indexation des salaires, blocage des prix de l’énergie, moyens pour les services publics.

Dijon n’est pas un cas isolé. Le 17 octobre, 550 000 personnes ont manifesté dans toute la France selon le ministère de l’Intérieur, dans plus de 400 rassemblements. Le 24, elles étaient encore 410 000 selon l’État, 800 000 selon la CGT. Pendant ce temps, le budget 2027 continue d’être débattu au Parlement sans qu’aucune de ces revendications ne trouve de réponse.

Le 17 : la foule, puis les gaz

Le 17, plus de 5 000 personnes défilent : lycéens, étudiants, salariés, retraités, parents avec leurs enfants. En fin d’après-midi, la situation dégénère en centre-ville. Il y a des vitrines brisées, et nous ne le cachons pas : ce n’est ni notre méthode ni ce que voulait l’immense majorité du cortège.

Mais la réponse a été des gaz lacrymogènes et des grenades tirés sur une foule où se trouvaient des familles et des mineurs. L’équipe de secouristes bénévoles présente ce jour-là a tenu un relevé de chaque personne prise en charge. Nous avons pu le consulter. Il compte treize blessés, sans les crises d’angoisse ni les yeux rincés au sérum.

Parmi eux, place Darcy, un garçon de 14 ans touché à l’œil, après des tirs tendus selon les témoins. L’inspection générale de la gendarmerie a été saisie. Toujours place Darcy, une personne dont le pied a été ouvert par une grenade de désencerclement : quand les secouristes ont appelé le 15, on leur a répondu de se débrouiller, et ils ont dû arrêter une voiture pour l’emmener. Place du Trente-Octobre, un lycéen touché à la tête par une grenade lacrymogène, un autre brûlé à la main, deux adultes assourdis par les détonations. Et un homme qui repart en ambulance avec le tibia fracturé, après avoir été, selon les secouristes, traîné au sol et frappé à coups de matraque.

Six personnes ont été placées en garde à vue.

Partout en France, cette journée a été violente, et les forces de l’ordre comptent elles aussi plus d’un millier de blessés selon le ministère. Raison de plus pour exiger que chaque blessure soit expliquée, et pas seulement celles qui arrangent le gouvernement.

Le 24 : interdits, et pourtant là

La réponse de la préfecture ne s’est pas fait attendre : interdiction de tout rassemblement dans le centre-ville, gare comprise. Les gens sont venus quand même, place de la République : 4 500 selon la préfecture, 6 500 selon Solidaires.

Et la journée s’est globalement bien passée, de l’aveu même de la presse locale. Il y a eu des tensions en fin de journée, onze interpellations et le local des Républicains dégradé en marge du cortège. Mais rien qui ressemble à ce que l’interdiction prétendait empêcher. Dans toute la France, le constat est le même : deux fois moins d’interpellations que la semaine précédente, et vingt fois moins de policiers blessés.

Ce qu’on en retient

Une mobilisation de cette taille ne se résume pas à ses dix dernières minutes. Nous demandons que toute la lumière soit faite sur les blessures du 17. Et nous rappelons une évidence : on ne répond pas à la colère sociale en interdisant les rues. On y répond par des salaires, des prix et des services publics.

Et maintenant

Prochain rendez-vous : jeudi 5 novembre, journée de grève et de manifestation à l’appel de l’intersyndicale (CFDT, CGT, FO, UNSA, FSU). On y sera.

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